Loïc Beaudoin: 381 points, et pas un de trop

Portrait rédigé par Isabelle Arnaud, à partir des réponses de Loïc Beaudoin, Que sont-ils devenus ?

En 2011, Loïc Beaudoin obtient son bac avec 381 points. Il en fallait 380. Quinze ans plus tard, il dirige sa propre salle de sport et s’apprête à devenir père. Entre le lycéen qui reconnaît volontiers ne pas avoir été le plus facile et l’homme qu’il est aujourd’hui, il y a une histoire de sport, bien sûr, mais surtout de persévérance et de confiance.

Au lycée, Loïc a déjà un objectif en tête : il sera professeur d’EPS. Le projet est clair, mais le chemin pour y arriver l’est beaucoup moins. Lui-même se décrit comme un élève « assez difficile, bavard, avec de gros problèmes d’attention et pas franchement passionné par tout ce qui se passe en classe ». À quoi bon les maths ou l’histoire quand on veut travailler dans le sport ? Il faudra quelques années , jusqu’au master, pour qu’il revoie son jugement.


En Terminale, la réalité s’impose : il faut obtenir le bac. En avril 2011, Loïc réalise qu’il n’a pas le niveau. Pendant trois mois, il travaille intensément, arrive tout de même au rattrapage avec 68 points à récupérer. Il les obtient. Et même un de plus : 381 points pour 380 nécessaires.
Ce bac obtenu sur le fil restera bien davantage qu’un soulagement. Loïc y a éprouvé quelque chose qui l’accompagnera ensuite : la persévérance.
« Ça m’a aidé pour la suite de mon parcours à ne rien lâcher, même quand ça paraît impossible. »

Cette détermination a aussi une histoire plus personnelle. Loïc a été élevé par sa mère, qu’il a vue traverser des périodes financièrement difficiles tout en faisant toujours en sorte qu’il ne manque de rien. Très jeune, il s’est promis de tout faire pour ne pas connaître à son tour cette situation.
Et puis, au lycée, certains ont cru en lui. Par leurs mots, par leur patience. Loïc se souvient notamment de Mme Agricole, sa professeure de mathématiques. Il en parle aujourd’hui sans chercher à embellir l’élève qu’il était :

  • Je pense que ce genre de prof m’a beaucoup aidé parce que je ne faisais vraiment pas l’unanimité (à raison !!!).
    Loïc Beaudoin

Avec son bac en poche, le projet peut enfin commencer. Loïc part en STAPS. Il obtient une première licence en Activité physique adaptée et santé, puis une seconde en Éducation et motricité, avant de poursuivre en master MEEF. Quelques années après avoir annoncé qu’il voulait devenir professeur d’EPS, il le devient : Loïc est enseignant contractuel.


Mais faire le métier que l’on imaginait à 17 ans n’oblige pas à le faire toute sa vie.


Loïc finit par prendre une autre direction. Il reste dans ce qui l’a toujours passionné, le sport, mais choisit cette fois l’entrepreneuriat et ouvre sa propre salle. Un nouveau chapitre dans un parcours qui, depuis le bac, s’est construit sur un même fil conducteur. Quinze ans après, le professeur d’EPS qu’il pensait devenir est devenu entrepreneur. Le garçon qui avait vu sa mère se battre pour qu’il ne manque de rien est sur le point de devenir père. Et l’élève qui ne faisait « vraiment pas l’unanimité » se souvient encore de ceux qui avaient décidé de croire en lui.

cour du lycée Acajou 2

De ses années à Acajou 2, pourtant, il ne reste pas seulement ces fameux 381 points, les difficultés scolaires ou les professeurs qui l’ont soutenu. Quand Loïc se souvient du lycée, reviennent aussi les tournois de football, les événements organisés avec la Maison des lycéens, les copains, les premiers amours. Alors, s’il pouvait retrouver aujourd’hui le Loïc de Terminale, il lui dirait :

  • Crois en toi, tu as tout au fond de toi pour réussir, aie confiance en toi.
    Loïc Beaudoin

Et à celui qui lui demanderait ce qu’il pense du chemin parcouru, il répondrait avec le même mélange de sincérité et d’autodérision qui traverse son témoignage :

  • Aujourd’hui, je peux dire que j’ai réussi et que je suis heureux. Belle phrase, je sais !
    Loïc Beaudoin

Merci à cet ancien élève qui a accepté de partager son expérience .