Raphaël Bourgeois : l’excellence à l’épreuve
Portrait rédigé par Isabelle Arnaud, à partir des réponses de Raphaël Bourgeois, Que sont-ils devenus ?
Sportif accompli, membre du pôle d’excellence basket, mention Très Bien au baccalauréat et lauréat du prix de la Légion d’honneur : Raphaël Bourgeois a vécu ses années à Acajou 2 sous le signe de l’excellence. Deux ans plus tard, il s’apprête à rejoindre l’INSA Rennes pour poursuivre sa formation d’ingénieur en génie civil.
Après un baccalauréat général, spécialités Mathématiques et Physique-Chimie, option Mathématiques expertes, Raphaël choisit de poursuivre ses études en Martinique. Il intègre en 2024 la deuxième promotion de l’INSA Martinique Caraïbes, où il effectue les deux premières années de sa formation d’ingénieur. À la rentrée 2026, le parcours se poursuivra à l’INSA Rennes, en génie civil.
Entre le lycéen au parcours d’excellence et le futur ingénieur qui s’apprête aujourd’hui à rejoindre la Bretagne, il y a pourtant une première année post-bac « particulièrement éprouvante ». Elle lui aura appris quelque chose d’essentiel : réussir au lycée ne signifie pas que l’on a fini d’apprendre à travailler.
Habitué jusque-là à réussir, Raphaël se trouve confronté à des exigences nouvelles. Les premières notes le déçoivent et, davantage encore que ses résultats, c’est sa manière de travailler qu’il finit par interroger. Il reconnaît aujourd’hui que ses facilités lui avaient longtemps permis de se contenter du « strict nécessaire » ; l’entrée dans l’enseignement supérieur l’oblige à reconsidérer des habitudes qui avaient jusque-là suffi. Il lui faut réapprendre à apprendre.
Il apprend alors à travailler autrement : approfondir réellement ses cours, gagner en rigueur, solliciter davantage les professeurs, poser des questions, participer. Ce changement de méthode s’accompagne aussi d’une autre manière d’envisager sa place dans les apprentissages:
Cette exigence et cette rigueur, il les avait déjà rencontrées au lycée chez ses professeurs. Lorsqu’il évoque les enseignants qui ont marqué ses années de lycée, deux noms lui viennent immédiatement : M. Jerpan, son professeur de mathématiques en Terminale, et Mme Rosette, qui lui enseigne la physique-chimie en Seconde puis en Première.
Du premier, il retient une façon d’enseigner « très énergique et excentrique », éloignée des méthodes plus classiques, mais aussi l’attention portée à la progression de chacun. De la seconde, une approche rigoureuse des sciences, jusque dans la pratique des travaux expérimentaux. Deux personnalités différentes qui ont, chacune à leur manière, conforté un choix d’études déjà tourné vers les sciences.
Mathématiques, physique-chimie : on pourrait assez naturellement s’attendre à ce que Raphaël s’arrête là lorsqu’il cherche ce que le lycée lui a transmis pour ses études d’ingénieur. C’est pourtant une autre discipline qu’il choisit aussi de mettre en avant : l’histoire-géographie.
Il en retient la recherche documentaire, la construction d’un raisonnement, l’organisation des idées et la nécessité de nuancer son propos. Des méthodes qu’il retrouve aujourd’hui lorsqu’il rédige un rapport, prépare un oral ou doit rendre intelligible un raisonnement en l’appuyant sur des sources.
À quelques semaines de son départ pour Rennes, Raphaël regarde donc ses années à Acajou 2 avec un recul encore récent. Il en garde le souvenir d’« un lycée verdoyant et agréable à vivre », mais son regard va au-delà du cadre dans lequel il a lui-même étudié. Lorsqu’il parle de l’établissement aujourd’hui, il évoque surtout la qualité de l’encadrement et un environnement dans lequel des élèves aux profils différents peuvent trouver leur place et progresser.
Son propre parcours pourrait facilement l’inciter à parler uniquement de réussite. Raphaël préfère y ajouter ce qu’il a appris depuis : l’excellence n’exclut ni les difficultés, ni les remises en question, ni le travail qu’il reste à accomplir. C’est aussi ce qu’il dirait aujourd’hui au lycéen qu’il était : travailler avec davantage de régularité, ne pas se satisfaire de ce qui suffit lorsque l’on peut aller plus loin. Il porte pourtant sur ces années et sur ses propres erreurs un regard lucide, sans regret
Merci à cet ancien élève qui a accepté de partager son expérience .

