Renaud Romain : ne pas s’arrêter en chemin
Portrait rédigé par Isabelle Arnaud, à partir des réponses de Renaud Romain, Que sont-ils devenus ?
Parti de Martinique après son baccalauréat, Renaud Romain découvre presque simultanément les études supérieures, le monde de l’entreprise et la vie loin de ses parents. Seize ans plus tard, il est ingénieur QSE à Paris. Entre les deux, un parcours entièrement mené en alternance et une décision qu’il considère encore aujourd’hui comme l’une des meilleures qu’il ait prises : refuser un CDI.
En 2010, Renaud quitte Acajou 2 avec un baccalauréat scientifique et s’engage dans un DUT Hygiène, Sécurité, Environnement (HSE) en alternance. Pour le jeune Martiniquais, cette première année concentre plusieurs apprentissages à la fois. Il faut suivre les enseignements théoriques, trouver sa place dans l’entreprise et apprendre à vivre seul, loin de ses parents.
Renaud ne présente d’ailleurs pas son parcours comme une succession de grands tournants. Il préfère parler d’« étapes importantes ». La première aura été celle de l’autonomie ; la suivante prend la forme d’un choix. Son DUT obtenu, l’entreprise dans laquelle il travaille lui propose un CDI. À ce moment-là, accepter aurait pu apparaître comme une réussite : un diplôme, une première expérience professionnelle et déjà un emploi stable. Renaud refuse.
Il poursuit alors en licence professionnelle QSE, toujours en alternance, puis en master Sciences du management, option QSE. Le choix de continuer ses études ne signifie donc pas renoncer au monde professionnel : depuis son départ d’Acajou 2, Renaud n’aura jamais véritablement séparé les deux.
Ces années lui apportent aussi une rencontre déterminante. Pendant deux ans, une responsable l’accompagne et devient progressivement bien davantage qu’une supérieure hiérarchique : « un véritable mentor et soutien pour ma carrière jusqu’à aujourd’hui ». Une relation professionnelle qui, des années plus tard, continue donc de compter.
Aujourd’hui ingénieur QSE à Paris, Renaud porte sur son parcours un regard qui éclaire aussi le conseil qu’il adresserait au lycéen qu’il était :
À Acajou 2, il situe pourtant ses souvenirs les plus immédiats loin des questions d’orientation ou de carrière. Il se rappelle d’abord « la joie d’y aller pour retrouver [ses] amis« . Il garde également en mémoire sa participation à l’équipe chargée du choix de l’uniforme du lycée. Quant à ce que ces années lui ont appris et qui lui sert encore aujourd’hui, il répond simplement : « le respect d’autrui », avec une mention particulière pour Mme Edmond [NDLR: alors CPE] au sein d’une équipe pédagogique dont il garde un très bon souvenir.
Seize ans ont passé depuis son baccalauréat. Le jeune homme qui avait choisi de poursuivre ses études plutôt que de saisir la première stabilité professionnelle qui s’offrait à lui est devenu ingénieur. Avec le recul, Renaud ne semble pourtant pas avoir changé de principe : ne pas décider trop tôt de la limite de ce que l’on peut atteindre.
Et lorsqu’il lui faut dire ce qu’il pense aujourd’hui du lycée qu’il a quitté en 2010, le propos devient nettement moins mesuré :
Merci à cet ancien élève qui a accepté de partager son expérience .

